Célia mène l’enquête

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LE LAPIS LAZULI, PIERRE BLEUE VERTUEUSE

Voici l’histoire d’une pierre bleue assez abordable, le Lapis lazuli, venue d’Afghanistan, dont la pureté s’affirme grace à son bleu intense.

Lapis lazuli vient du latin "lapis" qui signifie pierre et de l’arabe "azulou al-lazward" qui désigne le ciel et toutes nuances de bleu. Il partage, avec la turquoise, la distinction d’avoir fait partie des gemmes parmi les plus prisées des anciennes civilisations. Pline disait de lui qu’il est un "morceau de firmament étoilé". Vénéré par les égyptiens et les babyloniens, le lapis lazuli, d’un bleu roi étincelant était connu comme remède à la mélancolie mais servait aussi d’offrande aux monarques d’Egypte. On trouve d’ailleurs des amulettes, des sceaux cylindriques et des scarabées dans les tombes royales égyptiennes. On portait l’image de Mat, la déesse de la vérité, taillée en lapis lazuli, autour du cou. Bref à en croire les écrits de l’Antiquité, elle est la pierre préférée de la vallée du Nil depuis au moins 5 000 ans !

De la Grèce Antique, à Rome en passant par la Renaissance, on pulvérisait le lapis pour le réduire en pigments d’un bleu profond bien connu en peinture à l’huile. Réduit en poudre, le lapis avait aussi un usage thérapeutique moins connu aujourd’hui, celui de tonique ou de purgatif. Les chinois quant à eux le transformait en fard à paupière.

Un peu de gemmologie...

Le lapis lazuli contrairement à d’autres gemmes est une roche et non un minéral. Par définition chaque matériau composé de deux minéraux ou plus est une roche. Il est composé d’une base de minéral bleu : la LAZURITE, et varie de plus grande quantité de PYRITE (veines dorées visible à l’oeil nu) et de CALCITE, comme elle varie en moindre quantité de DIOPSIDE, SODALITE et autres.
*A ne pas confondre avec : LAZULITE, l’AZURITE

La qualité du lapis

Parmi les qualités de lapis, la plus prisée reste le lapis perse, du Nord Est de l’Afghanistan qui possède la plus fine couleur, très intense avec aucune inclusion de CALCITE (veines blanches) et évidemment plus rare.

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Les formes de lapis

Le lapis se taille généralement en cabochon ( partie supérieure bombée, partie inférieure plate) ou en tablette plate.
Pour extraire ce gemme dans des conditions climatiques souvent très arides, on chauffe la roche, et lorsqu’elle est à bonne température, on l’arrose d’eau froide, la roche se fend suite au choc thermique, on peut ainsi extraire le lapis. Cet opération s’effectue plutôt en hiver en récupérant l’eau grâce à la fonte des neiges. Des croyances prétendent que si l’on extrait du lapis en été, un gigantesque serpent venimeux sort de la roche une fois fendue, prenons garde ...

Une Précaution particulière : Le lapis peut perdre toute couleur si il est exposé à une trop forte chaleur.

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LES PERLES DEVOILENT LEURS SECRETS

Des mystères ont longtemps entouré les perles, elles ont été durant des siècles l’objet d’histoires rocambolesques. En voici une plus poétique : une goutte de rosée tombe dans l’océan, elle est aspirée par une huitre et crée une perle. Si le temps est radieux, la perle sera blanche et d’un éclat somptueux, si le temps est mauvais, la perle sera de teinte plus sombre.

Les origines des perles

Les perles font partie de la grande famille des gemmes tout comme le corail.
Elles se forment, dans des cas rare, dans les gastéropodes, mais se trouve principalement dans l’huitre (appelées alors "huitres perlières") et quelques mollusques d’eau douces.
C’est avec élégance et poésie que ces animaux marins nous donnent une belle leçon de vie.
La perle est le fruit de l’intrusion d’un corps étranger (on parle de grain de sable le plus souvent) dans le manteau du mollusque, appellé l’épithélium. Ce tissu réagit assez vigoureusement à l’arrivée de ce corps étranger déclenchant ainsi une prolifération de cellules s’accompagnant d’une sécrétion de nacre. Les cellules et la nacre en symbiose créent ainsi un "sac perlier".

Un éclat : l’orient

Tout au long de sa vie le corps étranger qui deviendra plus tard une perle va être accueilli par différentes couches de nacre, ce qui crée cet éclat propre à la perle appellé l’orient. La grosseur et l’éclat d’une perle dépendent de l’hôte dans lequel elles se développent. La plus grosse perle existante à ce jour est de 34 kg, pêchée par son propriétaire dans l’archipel des Philippines ; elle est restée pendant une dizaine d’années... sous son lit !

De quoi est faite la nacre ?

La nacre est constituée principalement de carbonate de chaux, sous la forme d’aragonite et d’une substance organique, la conchyoline. Cette dernière la rend vulnérable, elle est susceptible de changer, c’est pourquoi on ne garantit pas totalement la durée de vie d’une perle, elle peut être estimée de 100 à 150 ans. Les perles ont une palette de couleurs assez variée, elles vont ainsi du bleu au blanc, rose, mauve et vert (de très belles perles de teinte aubergine ou vert sombre sont utilisées en joaillerie). Elles sont solides et ne cassent que difficilement. Leur unité de mesure est le grain, 1 grain = 1/4 de carat = 0.05 gramme.

Les perles de culture

Devant répondre à une forte demande, les hommes ont été amenés à cultiver les perles en grande quantité, cette production représente aujourd’hui environ plus de 90 % du marché des perles. Le principe de création d’une perle ne change pas, elle est juste imposée par un geste d’une précision chirurgicale. On insère un noyau dans l’épithélium et le temps de travail de l’huitre pour former une perle est abrégé pour un plus grand rendement.

Un entretien rigoureux est indispensable pour prolonger leur durée de vie. Ainsi en les tenant éloignés des parfums, acides, de la transpiration, des laques coiffantes, et des grandes sécheresses ou humidité, vos perles se conserveront plus lontemps.

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QUELS SONT LES OUTILS DU GEMMOLOGUE ?

Pour ce nouvel article, nous allons voir quel est le matériel indispensable à tout gemmologue ou amateur de gemmologie.

L’oeil

Tout d’abord, l’oeil, c’est bel et bien l’outil de plus précieux en gemmologie. S’exercer à observer l’aspect extérieur (fissure, zone de couleur, l’éclat ...) d’un gemme est une première étape au début de votre analyse. Pour ce faire, et avant toute observation, il est nécessaire de nettoyer votre gemme ; rien de mieux qu’une peau de chamois qui n’est pas abrasive, ou de l’eau savonneuse voire même un peu de dentifrice sur une brosse à dent. On peut envisager de plonger un gemme dans un bain à ultrason mais tout dépend de la nature de votre pierre. Si il s’agit, par exemple, d’une émeraude, d’une opale ou d’une perle, vous avez de grandes chances de les endommager. Le bain à ultrason n’est pas recommandé pour toutes pierres susceptibles de contenir des microfissures et autres inclusions importantes. Il ne ferait que les agrandir.

Une brucelle

Pour pouvoir observer un gemme sous toutes ces facettes, il est nécéssaire d’utiliser une brucelle (pince à pierre très fine et pratique) qui permet de tenir une pierre fermement sans l’abimer.

Une loupe

On peut ensuite utiliser une loupe grossissante (x10) pour observer un gemme de plus près et en voir l’interieur. C’est l’un des outils les plus indispensable du gemmologue.

Un miscroscope

Le microscope est aussi important pour pouvoir zoomer avec une infime précision sur des inclusions indiscernables par l’oeil humain. Il peut être aussi très pratique pour l’observation des gemmes bruts.

Un réfractomètre

Le réfractomètre est aussi très utile aux amateurs plus aguerris. Il permet de définir l’indice de réfraction d’une pierre (compris dans une échelle) et permet ainsi d’éliminer une grande partie de pierres de synthèse pas toujours évidente à déterminer à l’oeil nu.

Un pèse carats

Le pèse carat est indispensable pour mesurer le poids d’un gemme. Cette unité de mesure fait réfèrence à la graine du caroubier, qui servait autrefois d’étalon de masse car très précise : 1 carat ou ’’ct’’= 0.20 g. Elle n’a rien à voir avec les carats qui définissent les pourcentages d’alliages et d’or pur présents dans les bijoux.

Ces outils permettent dans un premier temps de determiner de nombreux facteurs d’analyse de gemmes.

Pour aller plus loin, il existe encore de nombreux outils essentiels pour les gemmologues confirmés tels que :

  • Les liquides de densités : ils permettent en immergeant une pierre dans des liquides aux dosages précis d’en déterminer la densité.
  • Le testeur de dureté : il définit la dureté d’une pierre par rapport à une autre, échelle comparative inventée par le minéralogiste Mohs (le diamant raye le saphir, le saphir raye la tourmaline, la tourmaline raye le quartz, ect...).
  • Le pied à coulisse : pour mesurer le diamètre et la hauteur d’une pierre.
  • Le polariscope : il aide à trier les pierres dans quatre catégories.
  • Le testeur de diamant : il indique si votre diamant est bien un véritable (le test doit être complété par d’autres procédés d’analyse tels que le référent poids/taille...).
  • Le filtre Chelsea : il permet de trier les pierres synthétiques (emeraude en premier lieu) des pierres naturelles.

INTRODUCTION A LA GEMMOLOGIE

QU’EST CE QUE LA GEMMOLOGIE ?

Comme son père, Célia nous fait partager sa passion. Au fil des mois, elle livre ses enquêtes sur la gemmologie, une spécialisation qu’elle ambitionne de connaître à la perfection. Ce mois-ci, elle nous livre une petite introduction à cette science complexe.

Qu’est ce que la « gemmologie » ?

Le terme « gemmologie » est un dérivé du latin « gemma » qui signifie joyau et du Grec « logos » qui signifie traité ou discours. La Gemmologie est une science à part entière, c’est une ‘’branche’’ de la minéralogie qui, elle, se veut plus généraliste.
La gemmologie ne désigne pas uniquement l’étude et la connaissance des « gemmes » : pierres dites fines, précieuses, semi-précieuses et ornementales. Elle définit aussi la terminologie des composants, la taille et le polissage, la connaissance des métaux précieux et leur alliage. Il s’agit aussi de pouvoir estimer la valeur et la qualité d’une pierre, et ainsi, de pouvoir lui attribuer une utilisation correspondant à sa dureté. Elle inclut aussi la connaissance des perles qui ne s’étudient pas en minéralogie.
Il est difficile de dater la découverte de la gemmologie, les Hommes, même à l’âge de pierre taillaient déjà des silex, nous en sommes aujourd’hui à tailler des diamants à 56 facettes !

Que sont les gemmes ?
Ils peuvent être décrits comme des spécimens de minéraux ou de matériaux organiques utilisés à titre ornementaux pour leur beauté, leur rareté et leur durabilité.
Les matériaux organiques utilisés comme gemmes incluent aussi les perles, le corail, l’ambre et le jais.
Les gemmes sont divisés en deux catégories : les diamants et les pierres de couleurs.
Le terme pierres de couleurs s’utilise au sens large dans la joaillerie pour se référer à tous les gemmes minéraux ou matières organiques à l’exception du diamant. Les perles sont étudiées séparément.

Pourquoi le diamant se distingue t-il des autres pierres ?

Utilisé principalement en joaillerie pour son blanc caractéristique, le diamant s’oppose, de fait, à l’un des critères d’importance dans l’étude des gemmes qui n’est autre que la couleur.
Les propriétés physiques ou optiques du diamant sont suffisamment caractéristiques pour se distinguer des autres gemmes.
Enfin, les diamants, à l’inverse des pierres de couleurs de bonne qualité, sont constamment disponibles dans des catégories standardisées (degré de transparence, teinte, pureté, taille, poids…) qui permettent de les classer en 4 critères (4C) et de leur fixer un prix.

Les pierres de couleurs ne se classent pas de manière aussi simple car elles ont un nombre de nuances beaucoup plus important, il n’est pas dans les usages de les comparer entre elles.

J’espère que cet article vous aura été utile ; n’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez en savoir plus sur la gemmologie !